L'histoire des indiens d'Amerique

Une chasse nécessaire pour la survie des tribus

Cheyenne Indians Drying Meat, Ken Thomas – Wikipedia  - Public Domain
Camp de chasse Cheyenne - Public Domain
Un grand nombre des 800+ tribus qui peuplaient jadis le continent américain dépendaient de la chasse et de la pêche pour leur subsistance. Le gibier était alors leur principale source de nourriture.La chasse est donc indissociable de l' histoire et de la culture amérindienne, c'était vrai jadis et c'est tout aussi vrai aujourd'hui puisqu'au Canada, les autochtones ont le droit de chasser pour leurs besoins alimentaires, sans permis de chasse et tout au long de l'année.
La présence du gibier et plus généralement le succès de la chasse était une préoccupation constante pour les Indiens des plaines comme pour les tribus qui vivaient dans les régions sub-arctiques. Ces peuplades n'étaient jamais à l'abri de la famine. Il y avait bien sur des périodes d'abondance mais les moyens de conserver et stocker les surplus de viande étaient limités*, les seules méthodes employées étant le séchage de la viande et la conservation de la graisse sous forme de pemmican.Il y avait des périodes fréquentes de disette quand bisons, wapitis, caribous et élans devenaient plus rares, la survie dépendait alors complètement du petit gibier.

La chair des lièvres en particulier était maigre et l'expression "famine du lapin" fait référence à l'absence de gras dans un tel régime. La famine menaçait aussi les chasseurs lorsque à la fin d'un long hiver, les gros animaux étaient eux aussi maigres et leur viande était alors peu nourrissante. En période de pénurie, il arrivait que des bandes se divisent en petits groupes afin de multiplier les chances de survie de chacun. Les bandes ne se réunissant à nouveau que pendant quelques semaines vers le milieu de l'été quand les bisons se rassemblaient en vastes troupeaux. Elles s'adonnaient alors à des festivités cérémonielles et militaires qui constituent les principaux éléments de cohésion de la tribu. Après l' execution de la Danse du Soleil et parfois après une chasse tribale au bison, les bandes se dispersaient de nouveau.

Les méthodes de chasse
Pour s'approcher suffisamment du gibier pour le tuer à l'aide d'arcs et de flèches, les chasseurs se déguisaient parfois avec des peaux d'animaux comme le loup et le coyote. Lors de chasses plus importantes, ils poussaient les troupeaux de bisons vers de grands enclos d'où ils pouvaient alors les abattre plus facilement. Quand les conditions le permettaient, les chasseurs guidaient le troupeau vers un précipice (photo "Head-Smasched-In" en Alberta, Canada). Lorsque un troupeau était suffisament proche d'un ravin, les chasseurs affolaient alors les bêtes avec des cris. Un troupeau pris de panique fonçait droit devant lui, se précipitant alors dans le vide. Il ne leur restait alors aux chasseurs qu'à achever les bêtes blessées. Il n'y avait cependant peu d'endroits favorables dans les grandes plaines de sorte que ces falaises étaient utilisées par des tribus successives et ceci pendant des centaines d'années.Ces lieux ont vu passer tellement de générations de chasseurs qu'on y retrouvait des amoncellements d'os épais parfois de plusieurs mètres Buffalo Jump, Ken Thomas – Wikipedia Public Domain
.Au XVIe siècle, les colons espagnols introduisent les chevaux sur le continent. Avec le commerce intertribal et les razzias, les chevaux se sont graduellement répandus dans les plaines, passant de tribu en tribu pour atteindre le Canada vers 1730. L'utilisation du cheval modifia totalement la vie, les techniques de chasse et de guerre des indiens. Il permettait aux hommes de se déplacer plus rapidement sur de longues distances et d'exploiter les ressources d'un territoire beaucoup plus vaste. L'utilisation des précipices fut abandonnée. Le guerrier montait un cheval spécialement dressé pour la chasse, celui-ci devait être rapide, mais surtout il ne devait pas craindre le bison. Le chasseur plaçait sa monture à coté d'un bison en fuite, bison et cheval lancés au grand galop. Il pouvait ainsi planter sa lance dans la poitrine de l'animal ou décrocher une flèche presque à bout portant, le cheval devait alorsfaire un écart pour s'éloigner rapidement de l'animal mortellement blessé. Le chasseur choisissait ensuite une nouvelle proie.

Amélanchier 2010 Walter Siegmund Wikipedia – Public Domain
Baies de saskatoon
Quand les hommes chassaient, les femmes s'employaient à faire sécher la viande. Les peaux de bison servaient à confectionner des robes (manteaux), des tentes, de mocassins et des boucliers. Les cornes, les sabots, les queues, les poils, les os et les tendons des bisons servaient à fabriquer divers outils et ustensiles. Quant à la bouse du bison sèche, elle servait de combustible dans ces plaines dépourvues d'arbres.
* La graisse et la moelle des bisons étaient placée dans une sorte de récipient creusé dans le sol constitué d'une panse de bison, on y mettait ensuite des pierres chauffées qui faisaient fondre toute cette graisse. Suivant les disponibilités, les indiens ajoutaient ensuite des baies comme les saskatoons ou amélanchier (photo ci-contre), des racines et des noix. Quand ce mélange avait figé, il était ensuite conservé dans des parflèches.

© Assiniboine Tipis 2005

Assiniboine Tipis
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