Une chasse nécessaire
pour la survie des tribus

Camp de chasse Cheyenne - Public Domain |
Un grand
nombre des 800+ tribus qui peuplaient jadis le continent américain
dépendaient de
la chasse et de la pêche pour leur subsistance. Le gibier était alors leur
principale source de nourriture.La
chasse est donc indissociable de l' histoire et de la culture amérindienne,
c'était
vrai jadis et c'est
tout aussi vrai aujourd'hui puisqu'au Canada,
les autochtones ont le droit de chasser pour leurs besoins alimentaires,
sans permis de chasse et tout
au long de l'année.
La présence
du gibier et plus généralement
le succès de la chasse était une préoccupation constante pour les Indiens
des plaines comme pour les tribus qui vivaient dans les régions sub-arctiques.
Ces peuplades n'étaient jamais à l'abri de la famine. Il y avait bien
sur des périodes d'abondance mais les moyens de conserver et stocker
les surplus de viande étaient limités*, les seules méthodes employées étant
le séchage
de la viande et la conservation de la graisse sous forme de pemmican.Il y avait des périodes fréquentes de disette quand bisons, wapitis,
caribous et élans
devenaient plus rares, la survie dépendait alors complètement
du petit gibier.
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| La chair des lièvres en particulier était maigre et
l'expression "famine du lapin" fait référence à l'absence de
gras dans un tel régime.
La famine menaçait aussi les chasseurs lorsque à la fin d'un long hiver,
les gros animaux étaient eux aussi maigres et leur viande était alors
peu nourrissante. En période de pénurie, il arrivait
que des bandes se divisent en petits groupes afin de multiplier les chances
de survie de chacun. Les bandes ne se réunissant à nouveau que pendant quelques semaines vers le milieu de l'été quand les bisons se rassemblaient en vastes troupeaux.
Elles s'adonnaient alors à des festivités cérémonielles et militaires qui constituent les principaux éléments de cohésion de la tribu. Après
l' execution de la Danse du Soleil et parfois après une chasse tribale au bison, les bandes se dispersaient de nouveau. |
| Les méthodes de chasse |
| Pour s'approcher
suffisamment du gibier pour le tuer à l'aide d'arcs et de flèches, les chasseurs
se déguisaient
parfois avec des peaux d'animaux comme le loup et le coyote. Lors de chasses
plus importantes, ils poussaient les troupeaux de bisons vers de grands
enclos d'où ils
pouvaient alors les abattre plus facilement. Quand les conditions le permettaient,
les chasseurs guidaient
le troupeau vers un précipice (photo "Head-Smasched-In"
en Alberta, Canada). Lorsque un troupeau était
suffisament proche d'un ravin,
les chasseurs affolaient alors les bêtes avec des cris. Un troupeau pris
de panique fonçait droit devant lui, se précipitant
alors dans le vide. Il ne leur restait alors aux chasseurs qu'à achever
les bêtes blessées. Il n'y avait cependant peu d'endroits favorables dans les
grandes plaines de sorte que ces falaises
étaient utilisées par des tribus successives et ceci pendant des centaines
d'années.Ces lieux ont vu passer tellement de générations de chasseurs qu'on
y retrouvait des amoncellements d'os épais parfois de plusieurs mètres |
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| .Au XVIe siècle, les
colons espagnols introduisent les chevaux sur le continent. Avec le commerce
intertribal et les razzias, les chevaux se sont graduellement répandus
dans les plaines, passant de tribu en tribu pour atteindre le Canada
vers 1730. L'utilisation du cheval modifia
totalement la vie, les techniques de chasse et de guerre des indiens.
Il permettait aux hommes de se déplacer plus rapidement sur de longues distances
et d'exploiter les ressources d'un territoire beaucoup plus vaste. L'utilisation
des précipices fut abandonnée. Le guerrier montait un cheval
spécialement dressé pour la chasse, celui-ci devait être rapide, mais surtout
il ne devait
pas craindre le bison.
Le chasseur plaçait sa monture à coté d'un bison en fuite, bison
et cheval lancés au grand galop. Il pouvait ainsi planter sa lance dans la
poitrine de l'animal ou décrocher
une
flèche presque à bout portant,
le
cheval devait alorsfaire un écart pour s'éloigner rapidement de l'animal mortellement
blessé. Le chasseur choisissait ensuite une nouvelle
proie. |

Baies de saskatoon |
Quand les hommes chassaient,
les femmes s'employaient à faire sécher la viande. Les peaux de bison servaient à confectionner
des robes (manteaux), des tentes, de mocassins et des boucliers. Les cornes,
les sabots, les queues, les poils, les os et les tendons des bisons servaient à fabriquer
divers outils et ustensiles. Quant à la bouse du bison sèche, elle servait
de combustible dans ces plaines dépourvues d'arbres.
* La graisse et la moelle des
bisons étaient placée dans une sorte de récipient creusé dans le sol constitué d'une
panse de bison, on y mettait ensuite des pierres chauffées qui faisaient fondre
toute cette graisse. Suivant les disponibilités, les indiens ajoutaient ensuite
des baies comme les saskatoons ou amélanchier (photo ci-contre), des racines
et des noix. Quand ce mélange avait figé, il était ensuite conservé dans des
parflèches.
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© Assiniboine Tipis 2005 |