La chasse à l'arc au temps des bisons
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L'arc est sur une arme de jet puisqu'elle
permet de tuer à distance. Le mot "distance" est pourtant relatif,
il ne veut pas forcément dire que le tireur pouvait abattre un animal ou
un ennemi tout en se mettant lui-même hors de danger. Si l'arc permettait
parfois d'éviter
le corps à corps avec l'ennemi, la situation était autre à la chasse. Cet
arc primitif que l'on appelle dans le jargon des archers "l'arc plat"
avait une puissance relativement faible et une portée très limitée. Par exemple,
un arc de 25 kg de puissance, ce qui constitue une bonne moyenne pour un
arc
primitif,
pouvait
décocher une flèche à une vitesse d'environ 37 mètres par seconde. Il fallait
donc 1 seconde à la flèche pour atteindre un gibier qui se trouvait à 37
mètres du chasseur, c'est plus qu'il n'en fallait pour un animal comme le
cerf de Virginie pour éviter la flèche. |
| Même aujourd'hui, alors que les
arcs décrochent des flèches 3
fois plus rapides, le gibier parvient encore à éviter la flèche (on dit que
le gibier "saute la flèche").
Par contre lorsque la flèche atteint sa cible, elle peut tuer rapidement
en causant une hémorragie massive. Un animal touché dans la cage thoracique
s'effondrera
en quelques secondes à peine, les indiens disent "que l'animal est mort
mais qu'il ne le sait pas encore".
Si l'animal est atteint dans la région du foie, la blessure sera tout aussi mortelle.
Par contre une flèche placée partout ailleurs dans le corps de l'animal n'est
pas mortelle, elle aussi peut impliquer de sérieux problèmes pour le chasseur,
surtout si son gibier est un grizzly, un bison ou un puma (lion des montagnes).
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Pénétration et puissance d'arrêt des flèches
La puissance de pénétration d'une flèche primitive
est surprenante. Elle peut facilement transpercer un homme et abattre des animaux
de la taille d'un chevreuil (le cerf de Virginie) et de l'antilope pronghorn.
Cette pénétration ne sera pourtant pas aussi bonne sur des grands animaux à la
peau épaisse comme le bison et le wapiti, le chasseur devra souvent tirer plusieurs
flèches pour venir à bout d'un tel animal. La flèche n'ayant aucune puissance
d'arrêt, elle ne stoppera pas la charge d'un bison ou d'un ours*.
*Les bisons sont des animaux agressifs, tout comme les ours, ils chargent
facilement et sans provocation, surtout lorsqu'il s'agit des gros mâles et des
femelles avec des petits. |
La chasse à l'arc aujourd'hui
La chasse à l'arc moderne trouve sa
source chez les amérindiens et plus précisément chez Ishi (photo).
Ishi, était
un indien Yana de Californie, il est considéré aujourd'hui comme étant le
dernier indien sauvage de l'Amérique du Nord. En 1911, il sortit tout simplement
des bois pour rentrer d'un pas hésitant dans le monde moderne. Ishi était
alors mal en point, dernier survivant de sa tribu, il était fatigué, effrayé,
affamé aussi.
Il fut aussitôt suivi par un médecin de l'Université de Californie, le docteur
Saxton Pope. Cette rencontre avec le docteur fut déterminante pour les deux hommes
et aussi pour la chasse à l'arc moderne. En effet, Ishi montra au Dr. Pope comment
faire des arcs et des flèches, il lui enseigna aussi ses techniques et rituels
de chasse.
Sportive et exigeante, la chasse à l'arc est revenue à la mode aujourd'hui. Elle
se développe fortement en Europe et particulièrement en France. Il y a maintenant
plus de deux millions de chasseurs à l'arc en Amérique du Nord dont une bonne
partie sont des adeptes de la chasse traditionnelle, ces archers modernes
utilisent
des
grands
arcs comme ceux qu'avaient les Anglais au Moyen Age et des arcs plats comme ceux
des
Indiens.
La
chasse à l'arc
est
dite
conservatrice
car elle permet à ses nombreux amateurs de s'adonner à la chasse tout en ayant
un impact faible sur le prélèvement faunique. C'est aussi un bon
moyen pour remplir les coffres des divers ministères de la faune.
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En Amérique du Nord, l'argent des
permis de chasse ainsi vendus est investi dans la protection des territoires
et dans la conservation de la faune, voir dans des programmes de réintroduction
des espèces en danger. A cet égard, le dindon sauvage, le grizzly et le wapiti
en sont les plus belles réussites. Certains gouvernements comme celui de
la Pennsylvanie achètent des forêts privées avec l'argent des chasseurs,
ces forêts deviennent ensuite accessibles au grand public. Beaucoup moins
dangereuse qu'une arme de chasse conventionnelle à cause de la faible portée
de la flèche, la chasse à l'arc est souvent utilisée aujourd'hui dans les
zones pré-urbaines densément peuplées pour contrôler les débordement des
populations de chevreuils.
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Quelques chiffres
La chasse permet de maintenir plus d'un million d'emplois directs aux
USA. Quant aux chasseurs, ils dépensent 1,7 milliard par
année
dans les divers programmes de conservation de la faune. Grâce à cet
argent, plusieurs espèces d'animaux sauvages
se portent maintenant très bien.
- Le cerf de Virginie: 500,000 en 1900, plus de 36 million aujourd'hui.
- La sauvagine fortement décimée au début
du 20eme siècle, plus de 100 million aujourd'hui.
- Le wapiti des Rocheuses: 41,000 en 1907, plus de
1,2 million aujourd'hui.
- Le dindon sauvage: 100,00 oiseaux en 1900,
plus de 5,6 million aujourd'hui.
- L'antilope pronghorn: 12,000 en 1950 a plus d'1 million.
Il faut
aussi savoir que 75% des revenus des agences gouvernementales de
gestion de la faune provient directement de la poche des chasseurs
et des pêcheurs.

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